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Assurer sa collection d’oeuvres d’art

Il existe des solutions pour assurer sa collection d’oeuvre d’art. Une option facultative qui peut être intéressante, car certains sinistres sont désastreux.

Assurer sa maison n’est pas obligatoire pour un propriétaire. Pourtant, il viendrait à l’esprit de peu de gens de se passer, sciemment, d’une assurance contre l’incendie, les dégâts des eaux, le vol etc. De la même façon, il peut être judicieux, voire prudent, d’assurer sa collection d’oeuvres d’art, tant un accident peut vite arriver. Une œuvre d’un grand artiste contemporain mondial achetée à New-York et qui arrive en mille morceaux. Préjudice : 400.000 euros. Un tableau perforé par un collectionneur lors d’une manutention. Coût de la restauration et dépréciation de la valeur de l’œuvre : 215.000 euros… Deux exemples récents de sinistres remboursés par Hiscox France, un spécialiste de l’assurance dans le domaine de l’art.

Des sinistres rares, mais destructeurs de valeur

«La caractéristique des objets d’art, c’est que les sinistres sont relativement rares, mais ils ont une intensité importante. C’est-à-dire que les sinistres peuvent atteindre rapidement des montants très élevés. Notamment, une œuvre d’art, quand elle est abîmée, supporte un coup de restauration qui est déjà important, mais elle subit aussi une dépréciation de sa valeur, c’est-à-dire qu’une œuvre restaurée va valoir beaucoup moins chère sur le marché de l’art que la même œuvre avant le sinistre », explique Jean-Baptiste Costa de Beauregard, expert chez Hiscox. Il ne faut donc pas assurer ses tableaux, vases ou autres objets précieux uniquement contre le vol. « De la même manière que les gens sont prêts à payer entre 1 et 2 % de frais par an sur leurs actifs financiers par exemple, ils doivent être prêts à payer une prime d’assurance qui doit être compris entre 0,15 et 0,2 % de la valeur des objets assurés pour protéger leur patrimoine », estime l’expert.

Les assureurs ne fixent pas en général la valeur des objets, mais demandent souvent à l’assuré de faire expertiser leurs biens, auparavant si possible, car cela fait gagner du temps. « Le client les fait expertiser, nous montre leurs valeurs et nous les agréons. En cas de sinistre, il n’y a pas de discussion»… Mais il y a un autre système possible : la valeur déclarée comme pour un contrat classique. « L’assuré déclare un montant et le jour du sinistre il devra prouver l’existence, l’authenticité et la valeur de ces biens ». Avec tous les aléas que cela comporte.

Écrit par Pierrick FAY pour les Echos du 20/12/13