Montre de collection : l'objet qui donne l'heure devenu valeur refuge

C'est un investissement qui se montre et se porte au poignet. Un actif que l'on peut transmettre de génération en génération. Les montres de collection sont entrées il y a quelques années dans le cercle fermé des placements plaisir, non soumis à l'ISF. « A la base, c'est un objet qui donne l'heure et qui est devenu au fil du temps une valeur refuge, voire une valeur spéculative », constate Christian Odin, fondateur de Cresus.fr, l'un des principaux acteurs de la montre d'occasion en France. « C'est un produit où il y a une très grande régularité, avec peu de crise, à la différence de certains produits financiers traditionnels. Certaines montres exceptionnelles disposent d'un gros potentiel de valorisation, mais pour la majorité, les prix augmentent de façon régulière. Il y a bien eu un phénomène de spéculation il y a cinq ou dix ans, mais le marché est redevenu plus sain depuis 2009. »

 

Il y a les valeurs sûres : les grandes marques comme Rolex (Daytona, Submariner…), Patek Philippe (Nautilus, Aquanaut), Omega (Seamaster…), Jeager LeCoultre (Reverso), Breitling (Navitimer), Officine Panerai, qui peuvent atteindre des sommes folles. Cet automne, à Genève, une Rolex Daytona de 1969 est partie pour plus de 1 million de dollars ! Un record. Une Patek Philippe, en or rose de 1957, a été adjugée pour 1,61 million d'euros. Des objets rares, plutôt inaccessibles pour le commun des mortels. « C'est la rareté du produit qui fait le prix, ainsi que la forte demande, car il y a aussi parfois un effet de mode. »

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Le précollector accessible

Une solution ? Les précollectors, montres qui ne sont plus en fabrication, mais qui existent toujours en quantité importante sur le marché. « Elles sont encore accessibles, entre 2.000 et 4.000 euros. Au fil du temps, elles vont devenir plus rares, car certaines vont se détériorer, se voler, se perdre… Elles vont devenir collector. Au minimum, elles garderont leur valeur », assure Christian Odin. Un exemple : les Rolex Daytona dites « Paul Newman ». Vendues pour moins de 1.000 euros en 1980, leur cote dépasse souvent les 50.000 euros.

S'il est possible d'acheter ou de vendre une montre partout dans le monde, il n'existe en revanche pas de cote officielle, mais un site référence : www.chrono24.fr, qui agrège plus de 155.000 annonces de montres à vendre. Toutefois, prévient Christian Odin, « pour qu'elle garde sa valeur, il faut bien l'entretenir et pourquoi pas l'assurer ». Enfin, il est conseillé de conserver la boîte et les papiers. Attention, c'est un produit très masculin ! « La montre pour femme est plus vue comme un accessoire précieux qui se déprécie et garde peu sa valorisation. Le collectionneur est un homme qui porte sa montre. »