Le Dernier Messi - Nabli

Un amateur d’art m’a dit une fois, « j’étais dans le bureau d'un galeriste et j'ai eu l'occasion d'entrevoir deux peintures posées contre un mur. 

J'ai demandé si je pouvais les voir d’un peu plus près et à quel prix elles étaient parce qu'elles ressemblaient exactement à ce que je collectionnais et elles m’intéressaient.

Il m'a dit qu'il venait de les recevoir et qu'elles n'étaient pas encore à vendre. J'ai demandé si je pouvais mettre une option d’achat sur elles et à ma grande surprise, il a dit non. 

Il souhaitait d'abord les proposer à deux clients. 

J'ai appelé et demandé de leurs nouvelles quelques semaines plus tard et il m'a dit qu'elles avaient été vendues. Je n'étais pas très content parce que je suis sûr que je les aurais achetées. Devrais-je lui faire part de mon mécontentement ? »

 

Non. Les tableaux n'étaient pas accrochés au mur de la galerie, n’avaient pas de prix, et n’étaient pas à la vente. 

 

Vous les avez vus par hasard chez le galeriste. Ils ne vous ont jamais été proposés directement. 

Le galeriste a très probablement des accords de vente particuliers de longue date, avec des clients privilégiés depuis des années et il les a probablement achetés en pensant à ces clients.

Voilà quatre bonnes raisons pour lesquelles vous devriez oublier tout cela.

Peu importe si vous aviez acheté les peintures ou non. C’est davantage une question de bonnes pratiques commerciales pour les galeries d’art - ou même des pratiques commerciales en général. 

thumb Galerie AFP

Afin de fidéliser leurs clients, les entreprises accordent un traitement préférentiel à leurs meilleurs clients, et c'est très probablement ce qui s'est passé ici. 

Tout comme les compagnies aériennes offrent à leurs meilleurs clients des bonus comme des surclassements en première classe ou que le café du coin offre sa tournée aux bons clients, ce marchand d'art propose une option d’achat aux collectionneurs fidèles en priorité.

Comme le montre cet incident, une grande partie des œuvres d'art les plus performantes sur le marché changent de mains de manière privée et souvent discrète et ne se retrouvent jamais sur les murs de galeries. 

Dans le domaine des galeries bien établies et des collectionneurs chevronnés, la plupart des principaux acteurs se connaissent déjà.

Les goûts, spécificités, préférences et budgets de ces collectionneurs sont bien enregistrés chez ceux avec qui ils font affaire. 

Lorsque des nouvelles pièces arrivent, les galeristes les examinent, s'assurent que le travail est de qualité, puis contactent les acheteurs les plus probables. 

Vendre des œuvres au téléphone est beaucoup plus logique que d’investir du temps, des efforts, de l’argent et l’incertitude de les accrocher, les commercialiser et attendre que les acheteurs potentiels franchissent les portes de la galerie. 

De plus, les collectionneurs sont souvent disposés à payer un peu plus pour pouvoir acquérir tranquillement le meilleur de l'art.

Au mieux, le galeriste dont nous avons parlé aurait, peut-être, pu être plus discret en gardant les tableaux cachés, mais qui sait à quel point il était occupé ce jour-là ou s’il avait l'intention de les déplacer dans un lieu moins public. 

En tout état de cause, si vous lui faites confiance et aimez ses goûts en matière d'art, faites tout ce qui est possible pour rester en bonne relation. 

Répondez quand il vous contacte, achetez quand il propose des œuvres qui vous plaisent, payez selon les critères sur lesquels vous vous mettez d’accord avec un minimum de négociations, et continuez d’avancer dans votre collection. 

Finalement, vous obtiendrez votre "carte de collectionneur fréquent" et vous vous retrouverez en tête de file pour les nouvelles œuvres arrivant dans la galerie.

  

Illustrations:
Photo du haut : Le dernier Messi - Nabli - 94 x 65 cm
Photo ddan sle texte: Galerie Art Fresque Povera - Sommières - France

Crédits Photos: Christian Bros